LA FOI EN L’INCARNATION : UNE REFLEXION SUR L’INCARNATION DE DIEU EN JESUS CHRIST

Love of GodLes chrétiens ont célébré Noel c’est-àdire, ils ont revécu le mystère de l’incarnation du logos/parole. S’incarner signifie « prendre un corps de chair, en parlant d’une divinité d’un être spirituel ». Dans le registre chrétien, on appelle incarnation l’acte par lequel la seconde personne de la Sainte Trinité a pris une âme et un corps d’homme. C’est « la descente du verbe dans une nature humaine, selon la perspective johannique ‘et verbum caro factum est’ ». On peut lors s’interroger sur celui qui s’est fait chair.

St. Jean dans son prologue nous révèle ce logos qui « au commencement était le verbe, et le verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu » cf. Jn 1 : 1. Nous comprenons donc que le verbe n’était pas seulement avec Dieu mais c’était plutôt Dieu lui-même parce qu’il a donné la partie de lui-même, d’après l’idée de Tertullien de « sortir », « être engendré » que le verbe deviendra le fils de Dieu qui selon lui « existe comme verbe éternellement ». Ce qu’il appellera plus tard comme « naissance parfaite ». Pour Tertullien le logos prophorikos signifie la génération éternelle qui s’est incarnée bien avant ce qu’il appelle l’incarnation temporelle.

Quant à Origène, il affirmera que « le père a toujours eu son fils, et qu’il ne cesse de l’engendrer, comme le soleil ne cesse d’engendrer sa lumière ». Alors c’est la lumière éternelle qui provient du père qui viendra prendre notre corps et partager avec nous sa divinité. Ce que le professeur père Jean Lizenge Eloa dans son livre appelle merveilleux échange (mirabile commercium) qui signifie que « le fils de Dieu partage notre existence humaine concrète afin que nous puissions partager sa propre condition du père ».

Ainsi donc, l’idée de l’incarnation est étroitement liée à notre salut. Il y a une anecdote qui enseigne que lorsque Dieu avait vu comment le peuple sur la terre vivait, il s’est mis en colère et voulait le détruire. Alors, le verbe s’est présenté et lui a demandé de prendre la place de ce peuple et de porter ses péchés; Dieu accepta et aussitôt il envoie l’ange Gabriel à Marie pour lui demander d’accepter cette responsabilité qui est celle de laisser son verbe naître en elle.

Mais pour quoi Dieu a voulu que son fils soit né d’un être humain ? Pourquoi ne pas l’envoyer sur terre directement comme personne humaine? La réponse à cette question se trouve dans le merveilleux échange (mirabile commercium). Dieu voulait nous diviniser à travers son fils qui est devenu le pont entre Dieu et le genre humain. Dans son prologue, St. Jean rend ce même témoignage de la divinité de ce verbe « le
verbe de vie : ce qui était dans le principe, ce que nous avons vu avec nos yeux, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du verbe de vie car la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette vie éternelle… » (Jn 1 :1-3). Ce témoignage de Jean porte non seulement sur ce que ses yeux ont vu de Jésus, mais sur ce qu’aussi son âme, dans la lumière de l’Esprit Saint a contemplé en lui.

Alors, au commencement, Dieu était seul rien existait en dehors de lui, sauf le logos/le verbe. Il est celui qui est venu manifester le Dieu invisible au monde. L’Evangile de Jean nous dit encore: « celui qui me voit a vu celui qui m’a envoyé ». Cf. Jn 14 :8. Selon le professeur père Jean Lizenge dans son cours de trinité « l’incarnation c’est l’œuvre d’initiative de Dieu le père qui voulait le bien-être de l’homme. Si le Christ n’était pas le verbes/logos du père, il ne pouvait pas sauver le genre humain. Car par l’incarnation Jésus a divinisé l’homme, il nous fait enfants de Dieu par filiation parce que lui-même est Dieu ». En d’autres termes, comme le dirait François Bousquet, l’incarnation du logos est « l’expression d’un père toujours plus grand, même Ainsi donc, l’idée de l’incarnation est étroitement liée à notre salut. Il y a une anecdote qui enseigne que lorsque Dieu avait vu comment le peuple sur la terre vivait, il s’est mis en colère et voulait le détruire. Alors, le verbe s’est présenté et lui a demandé de prendre la place de ce peuple et de porter ses péchés; Dieu accepta et aussitôt il envoie l’ange Gabriel à Marie pour lui demander d’accepter cette responsabilité qui est celle de laisser son verbe naître en elle.

Mais pour quoi Dieu a voulu que son fils soit né d’un être humain ? Pourquoi ne pas l’envoyer sur terre directement comme personne humaine? La réponse à cette question se trouve dans le merveilleux échange (mirabile commercium). Dieu voulait nous diviniser à travers son fils qui est devenu le pont entre Dieu et le genre humain. Dans son prologue, St. Jean rend ce même témoignage de la divinité de ce verbe « le verbe de vie : ce qui était dans le principe, ce que nous avons vu avec nos yeux, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du verbe de vie car la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette vie éternelle… » (Jn 1 :1-3). Ce témoignage de Jean porte non seulement sur ce que ses yeux ont vu de Jésus, mais sur ce qu’aussi son âme, dans la lumière de l’Esprit Saint a contemplé en lui.
Alors, au commencement, Dieu était seul rien existait en dehors de lui, sauf le logos/le verbe. Il est celui qui est venu manifester le Dieu invisible au monde. L’Evangile de Jean nous dit encore: « celui qui me voit a vu celui qui m’a envoyé ». Cf. Jn 14 :8. Selon le professeur père Jean Lizenge dans son cours de trinité « l’incarnation c’est l’œuvre d’initiative de Dieu le père qui voulait le bien-être de l’homme. Si le Christ n’était pas le verbes/logos du père, il ne pouvait pas sauver le genre humain. Car par l’incarnation Jésus a divinisé l’homme, il nous fait enfants de Dieu par filiation parce que lui-même est Dieu ». En d’autres termes, comme le dirait François Bousquet, l’incarnation du logos est « l’expression d’un père toujours plus grand, même Selon le professeur père Jean Lizenge, l’incarnation était pour achever la restauration/ rétablissement spirituelle de l’homme. C’était aussi une œuvre de rédemption, réparation, restauration et source de rectitude. Les gens doivent choisir pour être réparé ou bien souffrir la damnation éternelle.

Par Edward Tembo, CICM
Réflexions théologique et pastorale 

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Marie donne Dieu à l’humanité et l’humanité à Dieu

Chers (es) amis (es) de Dieu,

Il y a plus de trois mois que nos étudiants sont revenus de stage et ont repris leurs activités ordinaires (vie spirituelle, vie communautaire, travail intellectuel, apostolique et manuel) dans une ambiance missionnaire, religieuse et internationale propre à la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM). D’ailleurs, la présence de cinq nationalités et de plusieurs cultures dans notre communauté contribue à rendre vivante et visible notre spiritualité de l’Incarnation et à ouvrir largement à la fraternité universelle. Tous ces dons de l’Esprit s’expriment tout d’abord dans notre Communauté Internationale de Formation en Afrique (CIFA) et dans les questions sociales et les apostolats faits par les confrères tous les week-ends. Nous rendons grâce à Dieu et nous remercions tous les confrères pour leur vie spirituelle active, leur dévouement constaté au travail intellectuel, apostolique et missionnaire dans diverses paroisses, la prison centrale de Kondengui, la prison saint Martin de Porres de Mvog betsi, les institutions académiques et la fraternité avec le peuple camerounais. Nous pensons comme hommes de foi que l’œuvre de Rédemption opérée par Jésus se fraie réellement un chemin dans cette simplicité évangélique et dans ces rencontres fraternelles avec le peuple de Dieu. Heureux déjà de ce qui se réalise depuis le début de l’année, les formateurs par la voix du Père Toussant MONAMA, Recteur, ont félicité et encouragé les étudiants à garder ce cap et à prendre la mesure des nouveaux défis missionnaires religieux de ce temps.  Dans le cadre de ces activités pastorales et missionnaires, notre bulletin communautaire d’informations et de formation, prend une amplitude particulière et propose, comme à l’accoutumée, quelques réflexions et catéchèses.

Ainsi, pour commencer nos trois publications annuelles, nous avons choisi les sujets liés à la Nativité de notre Seigneur Jésus en relation vivante avec le quotidien de l’Homme. A cet effet, dans le numéro de CIFA-INFO que vous avez la joie, j’ose le croire, de tenir entre vos mains, vous découvrirez les thèmes suivants : La Nativité et le sens de la vie ; la naissance de Jésus dans une mangeoire : quel sens pour les chrétiens ? ; La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, modèle pour nos familles d’aujourd’hui ; Marie dans l’Eglise ; Noël et écologie : Pour une éthique de responsabilité environnementale et la vie de jeunes en formation au sacerdoce : cas d’un CICM.

Chers lecteurs et chères lectrices, la dynamique nouvelle apportée par le Temps de l’Avent, période préparatoire à l’accueil de Jésus-Sauveur, a davantage enrichi ces questions catéchétiques, familiales, sociales et écologiques ; Ceci dans le seul but d’approfondir notre foi, de relire attentivement avec le Fils de Dieu notre vie et d’accueillir dans une attitude d’humilité, l’Esprit Saint, qui développe en chaque créature la joie de vivre pour Dieu.

Avec la Vierge Marie qui donne Dieu à l’humanité et l’humanité à Dieu, prions le Père plein de bonté, afin que les grâces de la Nativité de notre Seigneur inondent nos vies et surtout celles des plus démunis spirituellement et matériellement. En vous assurant de notre fraternité toujours plus accrue, je vous souhaite au nom de notre chère communauté, une bonne fête de la Nativité et une heureuse année 2018 sous le prisme de la vie intérieure.

 P. Anicet NTSABA, CICM (Directeur de Publication)

Christmas card of CIFA 2017

HUMANITY AND HUMAN DIGNITY 

TACAY Divine Ibon, cicm

            Centuries have passed and we’ve written a lengthy history of humankind. Scientists have invented new scientific names for bacteria and microbes; medicine has treated incurable diseases; anthropologists have discovered a new continent; ‘super powers’ countries are now into atomic-nuclear war and continuously send astronauts to the galaxies to explore earthlike environment. There are countless changes that have captured the world’s attention, but how many from more or less 7.5 billion of world’s population have asked why there are still de-humanized individuals? Or why there is so called ‘modern day slavery’? Continue reading “HUMANITY AND HUMAN DIGNITY “

« La souffrance comme condition d’un bonheur universel : une re-lecture chrétienne de la figure du Serviteur souffrant dans le troisième chant d’Isaïe (Is50, 4-9). »

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Par YAGA III Firmin, CICM
La souffrance en vue du Bien: Comment le comprendre ? Telle est la quintessence de notre travail de fin de cycle théologique. Pour mener cette réflexion sur la souffrance, nous avons non seule-ment puisé dans notre expérience personnelle, mais aussi avons-nous recouru aux Saintes Ecritures. Nous avons emprunté une démarche exégético-théologique pour ce faire. Le tableau sombre des souffrances que subit le monde s’est toujours agrandi dans une vitesse astronomique débouchant sur un désespoir accru. Le destin des peuples se trouvant obstrué par des solutions humaines limitées; des multitudes élèvent leurs cris de désespoir vers Dieu, qui seul peut apporter un dénouement véritable. Dans le sillage de confiance de l’amour de Dieu pour les hommes que peuvent manifester les désespérés, Dieu s’est souvent montré patient en y mettant sa gloire. Dieu y a toujours suscité dans ce cas des per-sonnes qui puissent toujours apporter une parole de réconfort et de soulagement à ceux qui sont affaiblis. C’est pourquoi en nous référant à la misère du peuple d’Israël, la figure du serviteur souffrant du 3ème chant du serviteur d’Isaïe apparait comme l’ini-tiative personnelle de Dieu à aider son peuple. En parcourant notre texte à partir des éléments de l’ap-proche contextuelle, passant par l’analyse littéraire, le serviteur de Yahvé bute aux écueils de l’incréduli-té et de l’hostilité de ses adversaires qui sont contre la parole de vie et vérité qu’il annonce. D’où l’ori-gine de sa souffrance. La persécution s’est aussi abattue sur les rapatriés et le serviteur est envoyé pour soutenir ceux qui sont flétris et épuisés. Il invite à se confier en Yahvé qui vient toujours en aide car la sentence des adversaires est imminente (Is 50, 9).

Le serviteur de Yahvé, conscient des exigences de
sa mission exprime sa dépendance en celui qui l’en-voie. Cette confiance inébranlable qu’il place en Yahvé, condition de cette fidélité, lui donne une as-surance joyeuse et fière. En ce sens il ne connait plus la honte et rend dur comme une pierre son visage pour justement transcender ces tribulations qui lui sont infligées. Le langage théologique du Deutero-Isaïe qui ressort de ces poèmes fait étalage de ce que Dieu, le maître de l’univers, permet ce qui arrive aux justes du peuple dans la seule optique de convertir les infidèles. Il dédouane ainsi la théologie de l’An-cien Testament en expliquant comment les justes souffrent, alors que les méchants ont la belle vie. A ce sujet, Jacques Tremblay pense que le prophète « répond du même coup à la question du pourquoi de la souffrance en lui donnant un sens : elle fait des fidèles les missionnaires dont Dieu se sert pour con-vertir les incroyants et, si les juifs s’acquittent de cette tâche loyalement, ils seront récompensés». Le serviteur dont la vie a été marquée par la souffrance des échecs et des hostilités, mais qui, aussi bien par son attitude que par ses paroles a contribué à intério-riser la religion de Yahvé.
Comme membres du corps du Christ, les chré-tiens doivent comprendre le sens christique de la souffrance d’être missionnaire de Dieu. Nous devons passer par l’appel, l’écoute, la disponibilité, le ser-vice qui trouve leur source en Dieu. La réalité du ser-viteur souffrant accomplie en Jésus traverse l’espace et le temps. L’obéissance à la mission de Dieu va jusqu’à l’acceptation de la violence et la souffrance. Être obéissant est le signe de reconnaissance de notre dépendance à Dieu. La souffrance humaine, tel que le déclare Edward Nowak « trouve son ultime raison, dans la réalité mystérieuse de Dieu qui a créé, maintient et gouverne l’univers ». Il s’agit de montrer que la souffrance possède un sens, contrairement aux prétentions de ceux qui, dans leur situation doulou-reuse se contentent d’affirmer son absurdité. Loin de nous livrer à une conception plurielle de la souf-france, il est opportun pour nous de la comprendre en Jésus-Christ. Certes Jésus a souffert, et sa souf-france a débouché sur la résurrection. La souffrance se présente donc comme une voie et une expérience qui peuvent conduire à une nouvelle intelligence de la vie. Alors nous pouvons accueillir la souffrance puisqu’elle est coexistentielle à la vie.
En conclusion, la souffrance a le risque de faire trébucher le chrétien pour le conduire à des atti-tudes de la superstition, de l’incrédulité et même du fétichisme. De nos jours, on voit des croyants aban-donner leur foi en Dieu au bénéfice des chemins tor-tueux, à la recherche effrénée des solutions faciles et illusoires, des recettes magiques qui ne sauront pas éradiquer de leur vie la violence de la souffrance. Ainsi, le croyant qui se dérobe du sens chrétien de cet enseignement sur la souffrance s’expose à la perte de sa foi. Il est donc impératif pour le chrétien de ne pas se laisser entrainer par des vendeurs d’illu-sions qui lui feront croire qu’il est absolument pos-sible de vivre en dehors de la souffrance. Ce qui im-porte c’est de savoir comment reconsidérer ce dyna-misme lorsque tout chrétien est appelé à être un ser-viteur souffrant. La notion de souffrance prend donc un grand coup lorsqu’elle n’est pas définie dans la perspective de Dieu. L’intelligence spirituelle de notre péricope Is50, 4-9 nous dévoile une dimension théologique de la souffrance qui n’a de sens qu’en Dieu de qui vient la mission.

LE CHRÉTIEN FACE AUX TENTATIONS DÉMONIAQUES

Par GOMERA Bienvenu, CICM

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La vie chrétienne est une vie de joie, qui trouve son fon-dement dans l’évangile, (Cf. François, Exhortation Apostolique « Evangelii Gaudium », n°1.). Cependant, cette joie ne va pas sans obstacle ; elle est souvent heurtée à des adversaires, tant visibles qu’invisibles, qui cherchent à l’étouffer. Les tentations diaboliques auxquelles le chrétien est confronté au quotidien sont donc les corolaires de ces adversaires. Dans ces quelques lignes, nous voulons proposer ce que devra être l’attitude du chrétien face à ces différentes tentations diaboliques. Mais avant cela, nous ferons d’abord une démarcation entre Satan, démon et diable. Après avoir ressorti le sens que chacune de ces réalités dénote, nous parlerons ensuite des voies que peut user le diable pour nous avoir. Enfin, nous proposerons quelques attitudes que le chrétien devra adopter face aux tenta-tions diaboliques.

Le mot Satan tire son origine de l’hébreu, et signifie « adversaire ». Satan s’est toujours présenté comme l’adver-saire de Dieu. Tandis que le mot diable, du grec « diabolos », renvoie à ce qui fait obstacle, à une barrière, etc. Le diable fait toujours obstacle à la vie des enfants de Dieu. Quant au dé-mon, du grec « daimon », il renvoie à des petits dieux ou gé-nies. Chez les grecs de l’Antiquité, le « daimon » renvoyait soit aux petits dieux de la Cité soit à une force de l’accomplissement de l’humain. Par contre, pour nous chrétiens, daimon (le dé-mon) est donc ces petits dieux (idoles) venant soit du monde soit de nos sollicitations internes voulant nous détourner de Dieu, de notre Idéal. Cependant, qu’il s’agisse de Satan, de diable ou de démon, les trois sont d’une égale fréquence en ceci qu’ils ont pour mission commune, d’éloigner le chrétien de son Dieu et l’entraîner par le fait même à la chute. Satan a pour auxiliaires le diable et le démon.
Mode de déploiement du Satan (démon ou diable)

Très souvent, Satan passe par notre propre intelligence. Par sa ruse, il plante dans notre esprit une pensée, de sorte que, con-vaincus que celle-ci vient de nous-mêmes, nous y adhérions facilement. Parfois il fait aussi usage des Saintes Écritures pour nous entraîner à son piège. Le passage de Mt 4, 5 en est bien une illustration. Ce passage en effet, nous montre com-ment, pour convaincre Jésus, Satan évoque le psaume 91, 11-12, qui est une promesse de protection faite par Dieu au juste en ces termes: « Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre ». Nous voyons ici comment Satan cite une partie de l’Ecriture et en omet d’autres pour enfin en tirer des conclusions abusives. Satan vient également nous tenter quand nous traversons les moments difficiles : les dé-tresses, la famine, la soif, la crise économique, les angoisses de la vie… Bref, quand nous sommes dans le manque.
Attitudes chrétiennes pour faire face aux tentations diabo-liques
Une chose est certaine : l’une des façons les plus effi-caces pour vaincre le tentateur, c’est de se libérer soi-même d’abord de sa propre peur devant Satan.
Ensuite, Jésus Christ est vainqueur de Satan ou démons. (Cf. Mt.4, 11). En effet, toute sa vie sur terre et toutes ses actions réalisèrent et continuent de réaliser son projet de libérer l’Humanité pécheresse du pouvoir de Satan. Ceci est une assurance pour tout chrétien qu’une fois configuré au Christ, Satan ne peut plus rien contre lui. Et le moyen le plus efficace pour se configurer au Christ, c’est la prière. Par conséquent, la prière constitue l’une de ces attitudes que le chré-tien est appelé à développer face aux tentations dia-boliques. (Mt 17, 21 ; Mc 9, 29).
Enfin, dès le moment où le chrétien se souvient que Satan ou le démon passe parfois par la voie des Saintes Écritures, en use abusivement pour nous persuader (Cf. Mt 4, 5) afin de nous entraîner à son piège; il de-vient donc urgent pour le chrétien de se familiariser ( par la lecture et la méditation quotidienne) avec les Saintes Écritures, les scruter, en connaitre le véritable contenu afin de ne pas se laisser entraîner par la mauvaise interprétation qu’en fait le tentateur et à laquelle il veut nous soumettre.
Ce sont là quelques attitudes capables de servir le chrétien dans son combat contre Satan ou le démon. Apprenons donc à affronter Satan avec ces armes, libérons-nous souvent de notre peur devant lui, répondons- lui par la prière et l’Écriture Sainte.

VANITE ET SOUFFRANCE: CHRIST RESSUSCITE, ESPERANCE DANS NOS TOURMENTS

Par JOSEPH Edson , CICM

FB_IMG_1484324230525Les sciences se développent exponentiellement aujourd’hui et, élargis-sant ainsi leur champ d’investigation, elles se prononcent avec une impavide quiétude sur bon nombre de réalités de notre monde. Toutefois, elles restent limitées quand il faut parler de l’homme. En effet, depuis le connais-toi toi-même socratique, l’homme est devenu la cible des études scientifiques. Beau-coup de définitions anthropologiques ont alors vu le jour, sans qu’aucune ne puisse dire avec certitude et définitivement qui est l’homme. Faute de ses li-mites et par manque d’humilité, la science peut orienter l’homme vers sa perte, en négligeant le germe divin semé en l’homme.
Dans son incertitude fondamentale, selon une suite ininterrompue de crises et de latences, l’homme nourrit son vouloir-vivre (Schopenhauer) dans une quête effrénée du bien-être. Du coup, se voyant au prisme de l’avoir, il est abandonné à la remorque de ses passions. Son unique objectif est son plaisir corporel. Il établit comme valeur, dit saint Augustin, ce qui lui fait plaisir, même si cela peut lui être nuisible. Donc, être bien pour l’homme moderne, c’est pou-voir répondre à ses besoins matériels. Sa quête de richesses le conduit à sa pauvreté. Trainé par ses passions, l’homme ne vit plus, il vivote. La dictature de la raison conduit souvent l’homme dans une sorte de « duperie de la pen-sée » (Kierkegaard) qui l’aveugle sur ce qu’il a en lui de profond. Il ignore l’es-sentiel de la vie ; il vit selon le paraitre au détriment de l’être.
Mais, peu à peu, les « vêtements d’idées » (Edmund Husserl) qui garantissaient à l’homme cette utopie complaisante s’avèrent inopérants ; leur rôle d’aspirine s’estompe face à l’inéluctable limite de l’homme. L’homme fait du coup l’expérience de sa limite, son incapacité à se réaliser comme il entend. Il se découvre comme un être limité. Maitre de tout, il se retrouve confronté à son propre moi. Et il se rencontre si vulnérable, si pauvre que la conscience de lui-même lui creuse l’âme. Ses questions existentielles alors refont surface : Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? Qu’y a-t-il après la mort ?
Devant la caducité de la science, d’aucuns ne voient qu’une issue : le suicide. Ayant perdu le goût de vivre par la fadeur des techniques, par l’insipidi-té de l’avoir et parfois même du savoir, ils déclarent, sans lueur d’espoir, que la vie de l’homme n’est que peine et misère. Avec Qohélet, ils se rendent comp-tent de la vanité des choses, que tout est vanité. C’est en effet un moment de crise qui n’épargne personne : jeunes, vieux, chrétiens… A un moment ou à un autre, nous nous trouvons devant cette inexpugnable question du sens de la vie. Face à cette question si complexe, un très grand nombre de nos contempo-rains ont beaucoup de mal à discerner les vraies valeurs permanentes; en même temps, ils ne savent comment les harmoniser avec les découvertes récentes. Une inquiétude les saisit et ils s’interrogent avec un mélange d’espoir et d’angoisse sur l’évolution actuelle du monde. C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. Il est livré à lui-même et en souffre beaucoup. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son coeur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éter-nité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété (GS 18).

L’Église, pour sa part, qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu, de ce Dieu qui est la fin ultime de l’homme, révèle en même temps à l’homme le sens de sa propre existence, c’est-à-dire sa vérité essentielle. L’Église sait parfaitement que Dieu seul, dont elle est la servante, répond aux plus profonds désirs du coeur de l’homme que jamais ne rassasient pleinement les nourritures terrestres. L’homme voudra toujours connaître, ne serait-ce que confusément, la signification de sa vie, de ses activités et de sa mort. Or Dieu seul, qui a créé l’homme à son image et l’a racheté du péché, peut répondre à ces questions en plénitude. Il le fait par la révélation dans son Fils, qui s’est fait homme. Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme (GS 41). La souffrance est un mystère. Jésus a fait de sa vie une lutte contre toute forme de souffrances ; il a donné sa propre vie par amour pour nous. Avec le Temps de Pâque, en Église, nous fixons le regard sur la souffrance du Christ,
sa fidélité à Dieu et sa résurrection. C’est une invitation pour nous, chrétiens d’aujourd’hui, à nous faire proches de ceux qui souffrent dans notre entourage. C’est un temps liturgique très enrichissant pour notre croissance spirituelle. Il nous délivre de bon nombre de nos fausses idées. Nous pouvons souligner trois des leçons clés de la Pâque :
1-Reconnaitre que l’homme est limité. L’homme n’est pas un dieu, il n’est pas un ange. De par son corps il est limité. Vivant en société, il devra faire l’apprentissage de sa limite. Être limité signifie qu’il ne peut pas toujours réaliser ce qu’il juge être bien, qu’il est capable de souffrir. La souffrance n’est pas extérieure à l’homme. Elle m’habite, elle t’habite, elle nous habite. La souffrance est la grande éducatrice du genre humain. L’Église nous invite à ne plus faire de la souffrance une exception pour certains, mais à apprendre à parler d’elle. Le chemin de croix vécu en Église est un bon enseignement sur la vision de l’Église. La souffrance fait partie d’un mystère plus grand, qui est celui de la vie. Le dire et le reconnaitre, ce n’est pas céder au fatalisme ou au masochisme, mais plutôt s’approprier et assumer une partie importante de notre humanité. (J. P. Prévost)
2-Vivre sa souffrance. Le culte de la santé que notre monde contemporain nous miroite n’est que rêverie. Quelqu’un disait que dans la vie, il nous faut savoir respecter nos feux rouges. En disant cela, il avait en tête le rôle fonda-mental des feux routiers dans la circulation. Quand le feu de notre vie tourne au rouge, c’est pour nous demander de nous arrêter, de nous regarder. La souf-france (feu rouge) est une invitation naturelle à prendre du temps pour soi-même, à rencontrer son moi profond. Notre activisme nous sert de bouclier contre ce dialogue franc avec nous-mêmes que nous redoutons. Ce qui ex-plique assez clairement la peur du troisième âge chez bon nombre de jeunes, chrétiens inclus. En effet, nous vivons une sorte de sacralité de la jeunesse, une religion de la santé qui dévalorise la vieillesse. Pourtant, dit Luc Ferry, le monde du troisième âge est beaucoup plus intéressant, plus beau, plus intense que la jeunesse, marquée par tant d’incertitudes. C’est une belle chose qu’un homme âgé qui a bon jugement, un ancien qui sait conseiller. Une riche expé-rience est la couronne des gens âgés ; ils peuvent être fiers s’ils ont la crainte du Seigneur. (Si 25, 4.5)
3-Faire confiance à Dieu. La source de la peur de la souffrance est corrélative, selon moi, à la peur de la solitude. Même pour un chrétien c’est difficile d’accep-ter sa souffrance puisque ça semble avilir l’homme. D’ailleurs, nous avons l’impression que Dieu reste souvent silencieux devant nos souffrances. Nous pouvons même tenter parfois de douter de son existence. Les dernières heures de la vie de Jésus doivent beaucoup nous interpeler sur la confiance en Dieu. Lui qui est Fils Unique de Dieu, il a eu son moment de trouble, de solitude où un trop plein de souffrance lui fait crier contre le silence de son Père (Cf. Mc 15, 34). Ceci veut dire que dans nos moments de dures souffrances, nous avons le droit de douter, d’être inquiets, mais nous n’oublions jamais que Dieu est comme cette mère qui sert son coeur pour laisser à son fils la chance d’ap-prendre à marcher. Le fils tombera plusieurs fois, il se fera mal, mais la mère vise un plus grand bien : que son fils puisse marcher. Dieu éprouve ce même sentiment d’amour-miséricordieux envers nous. Il souffre avec nous. Il attend que nous nous remettions entre ces bras pour qu’Il nous recrée. Notre Dieu se laisse toucher par la détresse humaine.
Notre prière pendant ce temps pascal est que nous puissions grandir dans notre foi et vivre une ferme espérance que nous ne serons jamais seuls, même dans les moments où nous aurons l’impression d’être abandonnés à nous-mêmes. La croix-et-résurrection du Christ nous enseigne que Dieu marche avec nous dans nos souffrances. Le Christ nous fortifie. Que cela nous donne assez de confiance pour chanter avec Jésus : Mon Père, mon Père je m’abandonne à Toi, fais de moi ce que tu voudras. Quoi que Tu fasses, je Te remercie. Je suis Ton enfant, j’accepte tout.

Priez, veillez et discernez dans l’incroyance d’aujourd’hui

Par BOLAMPETI HENRI, CICM

pray_for_aceh1L’homme d’aujourd’hui est tétanisé d’une part par les multiples problèmes auxquels il ne trouve pas des solutions et d’autre part, par son autosuffisance qui le pousse à se mettre au centre de tout, oubliant et mettant de côté son Dieu Créateur. Il en résulte un sentiment de désespérance et de manque de confiance en Dieu. Ainsi, dirait-on, l’incroyance actuelle est la résultante d’un malaise et d’un mal-être profond qu’est la « désespérance ». Que dire face à ce phénomène d’accroissement de l’incroyance et de l’athéisme, de la littérature exagérée du désespoir et du vécu concret d’une perte d’espérance ? Il faut tout d’abord reconnaitre que la « Foi » est le fondement fondamental de toute vie chrétienne. Elle est, la semence d’un enthousiasme humain qui permet de continuer à espérer en dépit des situations dans lesquelles l’on se trouve. Voilà pourquoi, il s’avère important de prier, veiller et discerner surtout en cette période d’attente et d’accueil du messie. Continue reading “Priez, veillez et discernez dans l’incroyance d’aujourd’hui”