Priez, veillez et discernez dans l’incroyance d’aujourd’hui

Par BOLAMPETI HENRI, CICM

pray_for_aceh1L’homme d’aujourd’hui est tétanisé d’une part par les multiples problèmes auxquels il ne trouve pas des solutions et d’autre part, par son autosuffisance qui le pousse à se mettre au centre de tout, oubliant et mettant de côté son Dieu Créateur. Il en résulte un sentiment de désespérance et de manque de confiance en Dieu. Ainsi, dirait-on, l’incroyance actuelle est la résultante d’un malaise et d’un mal-être profond qu’est la « désespérance ». Que dire face à ce phénomène d’accroissement de l’incroyance et de l’athéisme, de la littérature exagérée du désespoir et du vécu concret d’une perte d’espérance ? Il faut tout d’abord reconnaitre que la « Foi » est le fondement fondamental de toute vie chrétienne. Elle est, la semence d’un enthousiasme humain qui permet de continuer à espérer en dépit des situations dans lesquelles l’on se trouve. Voilà pourquoi, il s’avère important de prier, veiller et discerner surtout en cette période d’attente et d’accueil du messie.

Prier, c’est garder une liaison de communication avec Dieu pendant une durée donnée soit pour lui parler, soit pour l’écouter. C’est rester en parfaite communion avec Dieu. Tandis que veiller, c’est prendre garde, c’est appliquer son attention sur quelque chose. Par ailleurs, veiller, dans son sens religieux ou biblique renvoie à l’idée de rester en instance de prières. A Gethsémani, Jésus dira à ses disciples : « demeurez ici et veillez avec moi » (Mt 26,38). C’est pourquoi, dans l’évangile de saint Matthieu, Jésus met ensemble ces deux verbes quand il dit : « veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41). Voilà donc une recommandation de Jésus qui nous dit quelle attitude garder en ce temps d’attente du Messie.

Si la foi est le fondement de la relation avec Dieu, comment répondre généreusement à cet amour de Dieu ? Comment continuer à croire dans un monde caractérisé par une pléthore des maux ? Devant le mystère de la souffrance, n’est-ce pas seul l’amour pour Dieu, seule la foi en Dieu, seule notre croyance en lui comme réponse à son amour peut donner un sens à la vie, et à la vie chrétienne en particulier ? Car l’amour pour Dieu est source de transformation intégrale de l’homme. Cependant, comment trouver un sens à ce qui parait presque absurde? D’où la question du discernement.

Le discernement peut se définir comme l’art de distinguer un objet de manière à ne pas le confondre avec un autre. Le discernement s’applique aussi bien au niveau de la pensée qu’au niveau de la foi. Dans notre vie chrétienne, nous avons besoin non seulement de prier et de veiller mais aussi de discerner pour échapper au ravin glissant qui conduit à l’incroyance de notre époque actuelle.

Il faut reconnaitre que la souffrance aussi bien physique, morale, spirituelle que psychologique est préjudiciable à la foi. En outre, la souffrance est un grand obstacle à la foi dans la mesure où elle affecte aussi bien le corps que le cœur, deux lieux d’où l’homme communique avec Dieu. Autrement dit, la souffrance pourrait être un obstacle à la foi lorsqu’elle enferme l’homme dans une situation de désespérance. Cependant, aussi nombreuses que soient nos épreuves, nos souffrances, nos échecs, nous devons conserver notre foi, et continuellement rendre grâce à Dieu en acceptant que se réalise sa volonté dans notre vie. Nous devons sans cesse garder l’espérance en Dieu qui fait justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit. L’extrait de l’évangile de Marc sur la femme qui souffrait de l’hémorragie est une bonne et belle illustration à ce sujet (Mc 5, 24-34). En effet, cette femme nous montre un exemple très parlant de foi. Dans sa souffrance qui était à la fois physique, morale et spirituelle, elle a gardé sa foi en priant, veillant et en discernant.  Elle n’a cessé de croire en Dieu par son Fils Jésus. Ainsi, se disait- elle : « si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée »(Mc 5, 28). La souffrance humaine peut devenir un chemin d’ouverture à Dieu. De plus, la constance, la régularité ou la persévérance dans la prière nous ouvrent inexorablement à l’espérance de quelque chose de plus grand. C’est pourquoi, dans l’évangile de saint Luc, Jésus va utiliser une parabole pour nous montrer qu’il faut toujours prier sans se décourager (Lc 18,1-8).

Par ailleurs, il est important de reconnaitre le caractère méritoire de la souffrance. En réalité, il n’y a pas de souffrance qui ne masque un sens positif. Autrement dit, chaque souffrance comporte toujours quelque chose de bien. Si la souffrance en tant que telle n’est pas l’œuvre de Dieu, cependant Dieu peut s’en servir pour une fin noble. L’exemple de Jésus-Christ qui a souffert mais qui est sorti vainqueur est éloquent. De ce fait, puisqu’il n’y a pas des souffrances stériles pour nous les chrétiens, il nous revient de continuellement garder confiance en Dieu quelles que soient nos épreuves. Nous devons accepter de perdre pour gagner plus. Jean Lacroix le dira si bien : « dans le plan de Dieu, toute souffrance est l’instrument d’une plus grande joie » (cf. LUCIEN Marie, l’expérience de Dieu, Paris, Cerf, 1968, p. 340.). C’est ici que nous pouvons comprendre l’idée maitresse et l’âme des huit béatitudes. Un chrétien est donc celui qui accepte ce qui lui arrive, non pas parce que cela lui plait, mais parce que Dieu l’a voulu dans sa bonté et l’a permis. Ceci ne veut nullement signifier une résignation passive.

Bref, la souffrance à laquelle nous serons confrontés, qu’elle soit physique (corporelle) ou spirituelle, sera souvent ressentie comme une épreuve à notre foi, une épreuve qui peut nous conduire à la désespérance. Voilà pourquoi nous devons aujourd’hui et plus que jamais prier et veiller, c’est-à-dire garder continuellement notre relation personnelle avec Dieu dans ces situations, pour découvrir un sens à notre vie malgré l’apparente absurdité qui s’y imprime. Elle devrait plutôt nous conduire à prier, veiller et à discerner pour une espérance très forte et profonde qui doit fonder et soutenir notre croyance. Car devant le mystère de la souffrance, seul l’amour et la foi en Dieu nous rassurent quelque chose de plus précieux et nous ouvrent ainsi à une foi totale et inébranlable.

 

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